Promouvoir, faire reconnaître et développer la production fermière en Nouvelle-Aquitaine
Le Réseau

Conférences de la souveraineté alimentaire
Le 24 février 2026, à l'occasion du Salon international de l'agriculture, la ministre de l'Agriculture de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a présenté. Sous l’égide de FranceAgriMer, cette démarche s’organise par groupes de travail « multi-filières », au nombre de sept, afin de traiter le plus efficacement possible les spécificités de chacune des filières
Jeudi 26 mars se tenait la réunion du lancement de la phase territoriale de cette démarche, co-présidée par le préfet de région et le président du conseil régional, en lien avec le président de la Chambre régionale d'agriculture Nouvelle-Aquitaine.

L’entrée par filière privilégiée par la conférence régionale ne prenait pas en compte la production fermière. Avec notre contribution, c’est désormais chose faite ! Nous soutenons qu’il est indispensable de repenser la place des producteurs fermiers dans le schéma régional de Recherche - Développement - Formation - Promotion pour soutenir ces producteurs, leurs collectifs et abonder collectivement en faveur de travaux spécifique à cette production et ses problématiques socio-économiques.
En complément des propositions développées sur le site fermiers en Nouvelle Aquitaine, le réseau a identifié, dans le cadre des conférences régionales en Nouvelle Aquitaine, plusieurs freins.
Freins au développement de la production et/ou de la transformation agricole en Nouvelle-Aquitaine
Défaut de main d’œuvre
La production fermière, comme l’indique la publication de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine, Agrestena etudes 58, mars 2026 circuits courts, les exploitations commercialisant en circuit court, proxy statistique de la production fermière, emploient davantage de main d’œuvre, chefs d’exploitation, salariés permanents, saisonniers. Les process de production et transformation, artisanaux reposent davantage sur le travail humain. La production fermière est pourvoyeuse d’emplois en milieu rural. Cet atout a son revers : la difficulté des fermes à trouver de la main d’œuvre qualifiée, pérenne, en lien avec la question des revenus et de la rémunération de la main d’œuvre
Non renouvellement des générations
Les fermes engagées dans les circuits courts comme en filière longue sont concernées par le départ à la retraite des chefs d’exploitation, mais la reprise de ces fermes a des spécificités : transmission et relais auprès de la clientèle, maîtrise par les producteurs des multiples process production, transformation, vente, qui doivent être pris en compte par les parcours d’installation transmission
Economiques
La rémunération de la main d’œuvre y est particulièrement peu élevée au regard du travail engagé. Elle met en péril l’équilibre financier des fermes, la qualité de vie des personnes en limitant la capacité de certaines fermes à recruter en rapport avec les besoins en main d’œuvre sur la ferme
L’accès au foncier
Pour des porteurs de projet non issus du milieu agricole, parfois extérieur au territoire, il est particulièrement difficile de faire la démonstration de la viabilité de son projet, vis-à-vis des banques met aussi des propriétaires. Il s’agit à la fois d’être informé des terres à reprendre et d’inspirer confiance pour être le candidat retenu.
Princiaples opportunités qui peuvent soutenir la production et/ou la transformation agricole en Nouvelle-Aquitaine

- L’appui aux investissements, par exemple aides à l’équipement des ateliers de transformation, réduisant la charge physique des process manuels
- L’accompagnement à l’installation, qui doit intégrer les spécificités de ces fermes transformant et commercialisant leurs produits
- Les organisations collectives, mutualisant les ressources aux 3 niveaux de la production, de la transformation et de la commercialisation. De plus, les producteurs fermiers sont plutôt mal représentés dans les filières telles que définies classiquement via les interprofessions. La première mouture de la déclinaison régionale de ces conférences Souveraineté Alimentaire en témoigne. Il s’agit donc également d’organiser la représentation de la production fermière dans toutes les instances régionales traitant des questions agricoles.
- La restauration collective, en tant que marché à privilégier pour ces productions locales ET fermières. A ce jour, elle représente à l’échelle régionale le mode le moins pratiqué de toutes les autres formes de vente en circuits courts. Cet état de fait milite à la fois pour un accès privilégié des producteurs fermiers à ce marché d’une part, mais aussi au développement conjoint des autres formes, vente à la ferme, marchés de plein vent, commerces de proximité …
Les leviers à activer au niveau de la production fermière

- Une attention particulière doit être portée au développement de lieux de consommation accessibles à tous les habitants de la région Nouvelle-Aquitaine. Les formes de vente sont diverses et à adapter aux caractéristiques des territoires. C’est la garantie d’une alimentation de haute qualité, comme en témoigne la forte participation des producteurs fermiers aux Signes Officiels de Qualité : agriculture biologique, AOC, AOP, IGP.
- Pour assurer le développement de la présence des produits fermiers en restauration collective, les organisations collectives doivent prendre en charge la logistique, comme pour les autres formes de vente.
- La préservation de l’élevage fermier dans notre région est enfin conditionnée au maintien à minima des outils d’abattage existants et à la création d’outils de découpe et transformation adaptés aux besoins des producteurs fermiers : prise en charge de petits lots, d’animaux plus âgés.
Les acteurs à mobiliser
La proposition de réseau « Fermiers de Nouvelle-Aquitaine » est précisément de fédérer tous les acteurs utiles à son développement : producteurs, groupes de producteurs, enseignement, recherche et développement.
