Nouvelle-Aquitaine Initiative pour une agriculture
Citoyenne et Territoriale

Alors que les territoires ruraux et les banlieues sont régulièrement dressés les uns contre les autres dans le débat public, pour un ensemble d'organisations, dont le Réseau CIVAM, « ces deux mondes partagent bien plus qu’on ne veut le faire croire ». Les CIVAM, avec d'autres organisations partenaires, appellent les forces vives de la nation à rejoindre leur « Tour de France des résistances et des autonomies ». 

Une initiative inédite portée par La Coordination nationale Pas sans Nous, la Confédération Paysanne, le réseau CIVAM, l’Atelier Paysan, et la Fédération de l’Audiovisuel Participatif.

Polycrise

La France traverse une époque de bouleversements profonds. Crise démocratique, crise sociale, crise écologique, crise culturelle, fracture territoriale : les lignes de faille se multiplient.
Le débat politique enferme les habitantes et les habitants dans des catégories qui s’ignorent, se méfient ou se craignent. On oppose les villes aux campagnes, les banlieues aux villages, les centres aux périphéries, les métropoles aux outre-mer. Cette fragmentation, construite de toute pièce, n’est pas une fatalité. Elle est devenue un mode de gouvernement auquel nous refusons de nous résigner.

Nous voulons une France qui rassemble, qui n’oublie personne. Une France qui cultive, qui répare, qui transmet, qui organise la solidarité, qui protège les plus fragiles, qui invente chaque jour des solutions concrètes, qui refuse l’autoritarisme politique des injonctions du pouvoir central pour plus de collaborations locales. Cette France des droits et des solidarités existe ! Nous sommes nombreux à la faire vivre loin de la cacophonie méprisante des plateaux de télévision.
Cette France est incarnée et portée par des femmes et des hommes – agriculteur·rices, ouvrier·es, éducateur·rices, enseignant·es, artisan·es, entrepreneur·ses sociaux, chômeur·ses – par des associations, des collectifs citoyens et des milliers de bénévoles qui construisent silencieusement des communs.

Manif paysan Paris

Le temps n’est plus à choisir entre la banlieue et la campagne

La banlieue est trop souvent réduite à ses difficultés. Pourtant, elle constitue l’un des plus puissants laboratoires d’innovation sociale, de créativité populaire et de solidarité du pays.
La ruralité est, elle aussi, caricaturée comme si elle n’était qu’un espace en déclin. Pourtant, elle nourrit la nation, protège ses paysages, entretient ses ressources naturelles et porte des savoir-faire irremplaçables.
Ces deux mondes partagent bien plus qu’on ne veut le faire croire : le sentiment d’abandon, la disparition des services publics, les difficultés d’accès aux droits, la précarité, mais aussi une formidable capacité d’organisation et de résistance.

Nous refusons que ces territoires soient dressés les uns contre les autres. Ceux qui opposent les campagnes aux quartiers populaires cherchent avant tout à empêcher leur rencontre. Car lorsque les habitantes et habitants se connaissent, travaillent et construisent des projets communs, ils et elles sont en capacité de reprendre leur destin en main.
C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui « Nos quartiers en campagne ».

marché

Un projet politique qui s’inscrit dans la durabilité

Cet appel inédit est une invitation à bâtir une alliance durable entre les territoires populaires, les campagnes, les petites villes, les outre-mer et toutes celles et ceux qui refusent la résignation. Nous voulons développer un réseau national d’entraide, d’échanges, de coopération et d’expérimentation capable de renforcer l’autonomie des territoires face aux crises qui s’annoncent.

La séquence présidentielle de 2027 offre une visibilité exceptionnelle. Tous les cinq ans, le pays regarde, écoute de manière obsessionnelle le grand spectacle de la politique. Nous voulons utiliser ce moment non pour nous enfermer dans une bataille électorale supplémentaire, mais pour construire quelque chose qui lui survivra. Le soir du 2 mai 2027 ne constitue pas l’aboutissement de notre engagement. Le présidentialisme est une maladie qui entretient une lassitude démocratique et un désenchantement public. Quel que soit le résultat des urnes, qu’il ouvre un scénario d’une plus grande démocratie ou qu’il fasse émerger les forces les plus autoritaires, ce sera pour nous le premier jour d’une nouvelle étape : celle de la coalition des résistances et des autonomies instituées.

Nous sommes des coureurs et des coureuses de fonds. Notre démarche est apartisane, mais profondément politique. Nous ne sommes pas un réservoir de voix pour des écuries présidentielles. Nous ne demandons à personne d’abandonner ses convictions, mais simplement de reconnaître qu’il existe des urgences qui dépassent les appartenances partisanes.

Notre jeunesse est en danger d’anémie sociale. Nos enfants ne sont pas de la racaille qui seraient coupable de tout, ils ne sont pas des dangers : ils sont en danger ! La protection de l’environnement, l’égalité d’accès aux services publics administratifs et de santé, le choix démocratique de notre alimentation et des moyens de la produire, ainsi que la capacité des cités et des villages à se mobiliser en faveur de la formation et de l’emploi des jeunes, de la mobilité sociale, du logement et des relations intergénérationnelles seront au cœur de notre engagement.

Nous pensons que les grandes transformations commencent moins par les discours que par les alliances locales. Elles sont le fait d’actrices et d’acteurs engagés pour initier les transformations nécessaires de notre époque :

  • Un jardin partagé peut devenir une école de démocratie.
  • Une AMAP peut devenir un espace de fraternité.
  • Une ferme, un centre social,
  • Une maison de quartier, une école,
  • Une association ou une coopérative peuvent devenir les fondations d’une nouvelle puissance citoyenne.

SSA

Nous appelons donc toutes les forces vives de la nation à rejoindre ce « Tour de France des résistances et des autonomies ». Femmes et hommes, habitant·es des quartiers populaires, habitant·es des campagnes, paysan·es, chercheur·ses, artistes, ouvrier·es, étudiant·es, retraité·es, associations, entrepreneur·ses, chômeur·ses, habitant·es des outre-mer : chacune et chacun a une place dans cette aventure collective, dans cette nouvelle « société civile » en mouvement.
C’est aussi ça « faire France. »

L’indépendance d’un peuple ne se décrète pas. Elle se construit avec rigueur. Elle est le résultat de luttes quotidiennes et d’alliances politiques solides. L’autonomie d’un territoire ne s’attend pas. Elle s’organise. Les solidarités ne tombent jamais du ciel. Elles naissent des rencontres, du travail commun et de la confiance retrouvée.
Le temps n’est plus à choisir entre la banlieue et la campagne. Le temps est venu de marcher ensemble pour inscrire la France au cœur des enjeux politiques et des mutations sociales en cours.

Et concrètement ça va être quoi cette campagne ? 

Si vous souhaitez rejoindre la mobilisation, vous renseigner sur les étapes ou proposer une étape chez vous, vous pouvez : 

“À toutes les forces vives de la Nation, nous lançons un appel : rejoignez un Tour de France inédit, celui de « Nos quartiers en campagne » ! Une traversée des territoires populaires pour relier les banlieues, les villages, les campagnes et les outre-mer, faire émerger une coalition des résistances et des solidarités, et écrire ensemble une nouvelle page de l'histoire démocratique française.”