Nouvelle-Aquitaine Initiative pour une agriculture
Citoyenne et Territoriale

A la suite de la journée bilan du GIEE (Groupement d'Intérêt Économique et Environnemental) "Sélection de variétés paysannes pour l'adaptation aux circuits courts", Cultivons la Biodiversité en Poitou Charentes a réalisé un ensemble de fiches et une BD sur les semences paysannes éditées dans le cadre de ce projet.

Une journée animée pour clôturer le financement 2023-2025 du GIEE

Un GIEE, Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental, est un label qui valorise un groupe de travail agricole et qui est financé par le ministère de l’agriculture. La constitution du GIEE, se fait sur la base du volontariat, seuls les agricultrices et agriculteurs intéressés par le thème se sont joint au groupe. 

En chiffres : 

  • 20 Fermes Membres :
    • 11 Paysans-Boulangers
    • 5 Céréales
    • Elevages
  • Un groupe dynamique :
    ➔ 6 entrées fin 2023
    ➔ 1 sortie
  • Totalité des SAU (21 fermes) : 1521 Ha ; Moyenne 72,43 Ha de SAU (avec une très grande hétérogénéité dans la taille des fermes).

La journée de restitution du GIEE a eu lieu le 9 décembre 2025. Nous étions accueillis dan les locaux du groupement Les Fermes de Chassagne à Villefagnan (16). Les participants ont abordé avec enthousiasme un programme bien rempli. En effet, la matinée était découpée en plusieurs temps d’atelier et l’après-midi était consacrée à la visite des locaux des fermes de Chassagne. Après une rapide présentation des participants, de la journée et du GIEE, 3 sous-groupes ont été constitués pour permettre aux personnes de tourner sur trois ateliers différents tout au long de la matinée. Les groupes étaient mixte entre agriculteur et jardinier amateurs.

Un premier atelier explorait les avantages et les freins à réaliser de la sélection de variétés paysannes.

Capture décran 2026 05 26 121623Comme pour les enquêtes réalisées auprès des membres du GIEE, certains mots clefs sont revenus souvent : autonomie, adaptation et économie, côté avantage ; temps et matériel, côté freins. Mais d’autres réflexions ont pu émerger : par
exemple la question du sens et de la création de lien humain comme motivation à la sélection et comme réponse pour pallier aux freins évoqués. L’intérêt des semences paysannes pour la commercialisation en circuit courts plutôt que long est également revenu régulièrement.
A la suite de cet échange sur les avantages et les inconvénients, nous avons présenté l’évolution des cultures et des variétés paysannes cultivées par le groupe. Le nombre de variétés paysannes et le nombre d’espèces cultivées augmente sur les trois années, ce qui est un signe positif pour le groupe.

Le second atelier portait sur les protocoles de sélection.

Les participants se retrouvaient face à une problématique déterminée à l’avance ; précocité du maïs, taille des grains de tournesol et adaptation des blés à la panification. Chaque problématique a donné lieu à des échanges techniques intéressants, auxquels tout le monde a pu participer, paysan ou non. Ainsi les participants ont pu explorer les différentes questions nécessaires à la construction de protocoles de sélection.
Puis un paysan a pu témoigner sur la sélection du sorgho qui est en cours chez lui. Il s’agit d’une population de sorgho blanc grain, très hétérogène et dont la précocité en particulier est très étalée. L’essai de sélection portait donc sur la précocité. Ce témoignage était l’occasion de montrer que toutes les étapes d’une expérimentation sont source d’apprentissage.

Un troisième atelier sur le thème de la biodiversité en général

Il a permis d’évoquer les actions faites auprès du grand public. Chaque participant était invité à écrire sur un post-it ce que le terme « biodiversité » lui inspirait avant une mise en commun du sous-groupe sous forme de mind-map. Là aussi chaque groupe a évoqué des thèmes très différents, depuis la biodiversité cultivée à celle des écosystèmes spontanés et à travers différentes échelles, de la biodiversité interspécifique à la biodiversité intra-variétale. La BD « graines de résilience » crée dans le cadre du GIEE était à disposition comme support d’inspiration.

Pour conclure la matinée, nous nous sommes réunis pour un temps de réflexion en commun. L’objectif de ce dernier atelier était de répondre à la question : D'après ce que vous venez de voir, en quoi la sélection de variétés paysannes pour l’adaptation aux circuits courts est pertinente par rapport aux trois axes du développement durable (dimension socio-territoriale, agroécologique et économique) ?
Chacun disposait de post-it pour écrire un ou plusieurs arguments qui étaient ensuite placés sur un grand panneau avec une zone pour chaque axe du développement durable. Dans un second temps nous avons voté pour les arguments avec lesquels nous étions le plus en accord ou le plus en désaccord à l’aide de gommettes, puis débattu. Les échanges ont mis en lumière le fait que par exemple, la création d’emploi n’est pas un objectif en soi lorsqu’on choisit de cultiver des semences paysannes et de commercialiser en circuit court. En revanche c’est quelque chose qui en découle et qui reste un argument important pour la vie des territoires. Cette question de l’emploi n’est peut-être pas à l’origine des décision stratégiques des agriculteurs et agricultrices mais elle reste tout de même un argument politique intéressant pour soutenir nos projets autour de l’adaptation des variétés paysannes aux circuits courts.

Nous avons également pû échanger sur les arguments « beaux paysages », « circuits courts » et « micro-filière ». Chacun a su trouver sa place et s’impliquer grâce à ce format d’atelier. Les participants ont salué la dynamique de la matinée qui nous as permis de nous enrichir mutuellement de nos idées.

Visite des locaux des Fermes de Chassagnes

Capture décran 2026 05 26 121825La visite de l’après-midi était attendue par les adhérents, c’était l’occasion d’en apprendre plus sur les fonctionnements d’autres collectifs. Laurent Marilleau, adhérent historique de CBD, nous a présenté le lieu, son histoire, et les modes d’organisation et de gouvernance de la SAS des Fermes de Chassagne.
Aujourd’hui le groupe compte 30 fermes associées, à 100% en Bio. Les fermes sont réparties sur la Charente, le sud Vienne et le Sud Deux Sèvres. La structure emploie 10 salariés. Le site actuel est implanté au cœur de Villefagnan (16). Ce site était un ancien silo, à l’état de friche. Les bâtiments ont été rénovés ou reconstruits et aménagés en fonction des besoins de la SAS. Le projet a couté 3.5 millions d’euros dont environ 50% de subventions. Le site regroupe les stockages du grains, le tri, la moutures, l’ensachage, un magasin et des bureaux.

Les produits sont vendus à Ethiquable,Biocoop, sur les fermes, à des boulangers, ou à des particuliers dans le magasin sur place.

Nous avons conclu cette journée en échangeant sur les perspectives d’avenir. Avenir que nous souhaitons collectif, dynamique et marqué par de nouveaux essais autour de la biodiversité cultivée !

Un ensemble de fiches et la BD sur les semences paysannes éditées dans le cadre de ce projet sont disponibles 

2025 BD semence paysanne page 0001Capture décran 2026 05 26 122614 

Camille Godineau
Animatrice-Technicienne
Cultivons la Bio-Diversité en Poitou-Charentes
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